mercredi 16 mai 2012

asti d’française de marde !


Ceux qui me connaissent ne le croiront pas : si, si je suis en vacances ! Pas en voyage, en vacances ! Deux semaines intenses de farniente pas de téléphone (ou presque) pas de radio, pas d’Internet (ou presque), pas de TV (jamais). Juste avec mon moi-même, pour un bilan de santé – pas chez le docteur – chez Dame Nature. De l’infiniment grand, les Alpes, à l’infiniment petit, une violette des bois, de vais goûter chaque minute étirée dans le grand silence des montagnes de mon enfance. Je partirai l’esprit en paix car nos jeunes ont repéré les pièges qu’on leur tend en prétendant lâcher du lest pour les calmer. J’ai mis un carré rouge sur mon cœur. J’irai lécher mes blessures d’immigrante que l’on traite encore d’asti d’française de marde pour clore une discussion houleuse. J’irai cacher ma honte de devoir accepter des artistes friqués dans mon magazine pour compenser l’absence totale de soutien des instances qui prétendent n’exister que pour nous. La prochaine étape, c’est la pub Loto Québec ou MacDo… Merci à tous les acronymes dispendieux locaux, régionaux, provinciaux, succession de filtres pointilleux, ne laissant passer qu’un mince filet d’eau après avoir prélevé les pépites. Beaucoup ont soif, peu sont désaltérés.
Maître Foglia me manquera…

vendredi 13 avril 2012

Mammouths Laineux


Tiens! J’ouvre à n’importe quelle page le dernier livre qui m’a tant emballée, C’était au temps des mammouths laineux de Serge Bouchard (Boréal) :

Les prophètes rebelles sont et seront philosophes, artistes, poètes, penseurs sauvages en rébellion contre la pensée convenue. Méfions-nous des chefs, des grands comme des petits. Méfions-nous de ceux qui demandent obéissance. Mais sachons reconnaître le prophète rebelle qui marche calmement dans les tempêtes du monde.

Et puis celle-là :

Pour enfourcher le cheval de la beauté, il faut avoir le goût de chevaucher vers l’absolu. Or, le goût se cultive. Revoilà la culture, et puisvoilà ce goût dont on dit qu’il ne se discute pas. Tous les goûts sont dans la nature, dit-on ad nauseam. Mais tous les goûts n’ont pas la même valeur dans l’aventure humaine. Car le pouvoir de création appelle la responsabilité de faire beau. Cependant, qui a le talent de créer a aussi la capacité de détruire. D’ailleurs, on peut créer de la laideur.
Par mauvais goût, par laisser-aller, par dévaluation de la beauté elle-même, par survalorisation d’une autre dimension.

Merci, ces deux pensées-là me suffisent pour vivre. Pas étonnant que ce dernier ouvrage de Serge Bouchard tienne la pole position des ventes en librairie. Car nous sommes nombreux à rechercher l’oxygène indispensable à notre respiration d’homme ainsi que la confirmation de nos pensées rebelles qui perdent trop souvent le chemin confortable de la certitude.

vendredi 16 mars 2012

La question qui tue...


En pleine période de promotion de la francophonie à travers le monde, une auteure des Laurentides nous produit un livre à la gloire d’un industriel illettré. Notre société qui a tant besoin de figures exemplaires, nos jeunes qui se cherchent à travers les modèles que nous leur proposons se voient offrir l’image d’un héros de l’industrie québécoise made in China.
Plus de vingt fois en quelque 200 pages on insiste sur le fait que le sujet ne sait pas lire – ni écrire, faut-il le préciser. Vous avez compris, là : il ne sait ni lire ni écrire, cependant sa «réussite» est faramineuse ! On va même jusqu’à citer en exergue rien de moins que Churchill, qui lui aussi aurait eu des difficultés à l’école.
Effectivement, la différence entre les deux personnages est minime :
Churchill, lui, s’est quand même mérité un prix Nobel de littérature !

L’auteure me téléphone pour une entrevue. Nous devisons agréablement et je lui fais part de mon intérêt à poser une ou deux questions au principal intéressé. Pas de problème. La question,
entre autres, qui me brûle les lèvres est celle-ci : Pourquoi cet homme qui a créé un empire international, qui prend le temps de s’entraîner physiquement trois fois par semaine, qui peut s’offrir tout le personnel qu’il désire, n’a-t-il pas consacré quelques heures pour se faire donner des cours d’alphabétisation ? – Il a sûrement la réponse et je suis sûre qu’il me l’aurait donnée de bonne grâce.

C’est sans compter sur la susceptibilité des courtisanes…nous ne saurons jamais le fin mot de l’histoire d’autant qu’une attachée de presse s’est interposée vertement pour me faire la leçon : « On ne pose pas ce genre de question ! » – Où avais-je donc la tête ?

Ndlr : Vous ne m’en voudrez pas, si je ne fais pas la promo du bouquin ?

lundi 20 février 2012

La première poule qui chante...


C'est elle qui a fait l'oeuf.

Critiques et dénonciations non nominatives donnent lieu à d’amusantes découvertes :
Le lecteur cherche et cherche encore, décroche souvent car il n’y comprend rien mais son voisin – lui – a tout compris ! C’est de lui qu’on parle, ou de son ami. Parfois la réponse est bonne, le plus souvent elle est erronée. C’est ainsi qu’on découvre que X a quelque chose à se reprocher dont on ne se serait jamais douté.
Inscrire la critique dans le débat public, initier ce débat, faire la guerre aux moutons n’est pas de tout repos. Je pourrais, pour me changer les idées, aller au cinéma…


Je ne vais plus au cinéma.

Les ruminants m’empêchent de regarder. Nous sommes dans une région du monde où l’on mange sans fin; notre société de consommation sans faim et de compensations infinies produit des têteurs, mâcheurs et grignoteurs. Impossible de leur faire endurer deux heures sans quelque chose dans la bouche; de vrais bébés-lala. Donc, je ne vais plus au cinéma. Ce qui prouve que je ne suis pas sourde.


Baisse le son et articule.

Tes chansons, je ne les comprends pas. La diction inexistante, mon anglais insuffisant, le son bien trop fort. Pourquoi faut-il hurler son amour, son désespoir, sa joie, sa musique ? Les voix rocailleuses…pas toutes sexy. Reste le rythme, oui, mais il me semble qu’une chanson c’est un tout dont chaque élément a le droit de se faire entendre. La première poule venue n’est pas obligée de chanter.

mercredi 18 janvier 2012

Crénom d'un chien ! ...disait ma grand'mère

Il y a six ans, les Laurentides ont voulu se doter d’un journal culturel. De réflexions en réunions, de conseils en résolutions, voici que l’enfant paraît et que le cercle de famille applaudit.


Un détail fut cependant omis par toutes ces têtes pensantes :


- Lorsqu’une région veut se doter d’un outil de communication, ses décideurs doivent en prévoir les moyens. Il ne suffit pas d’une vision, il faut suffisamment de provisions.
Hélas, le temps des réflexions est oublié, on est passé à d’autres dossiers. Les tablettes regorgent d’archives prématurées. Ceux qui les classent ne sont pas payés aux résultats – heureusement.

Qu’advient-il alors du beau projet ?


- Afin que les années durement travaillées ne soient pas gaspillées, on tente de se frayer un passage, toujours plus étroit, entre le contenu qui devrait exister et la pub qui permet d’exister. On persiste et on signe des billets, bouteilles à la mer qu’un esprit moins noyé que les autres saura repêcher, déchiffrer et traiter convenablement.

Inch’Allah !, répondent en chœur les Accommodements raisonnables – pléonasme utopique – eux aussi fourrés dans quelque cagibi ministériel.
- Pas grave, cela fait toujours travailler du monde.
- Mais le projet, lui ?...
- Bah ! il y en aura d’autres.


Nombre de belles initiatives ont ainsi péri dans l’œuf et nous convient à leurs obsèques. C’est comme si on mettait le trop peu d’argent qu’on leur a octroyé à la poubelle. Votre argent, en passant…Au lieu de saupoudrer, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de ces idées géniales pour la région, géniales pour les artistes, pour tous. Nous, on veut bien travailler, mais crime quel groupe gestionnaire de sous collectifs va enfin sortir de sa torpeur fonctionnaire et considérer son mandat avec le respect dû à l’obligation de résultat ?


Ce n’est pas moi qui le dis….


« La Loi est faite pour que les médiocres surnagent dans leur médiocrité, mais la Loi est faite aussi pour qu’on s’en empare et qu’on la vire à l’envers. Je n’ai pas honte d’avoir essayé… » Victor-Lévy Beaulieu – Héritage – L’automne – La mort de Xavier

mardi 27 décembre 2011

6 ans, Tavernak !

Les oiseaux de mauvais augure ont eu tort de nous sous-estimer…Ceux qui se sont offusqués, éloignés, séparés, ceux qui nous ont trahis, bannis, démunis…Ceux qui se sont « inspirés » de nous et se sont enrichis à grands coups de délits d’initiés…Ceux enfin qui mènent la petite guerre des nerfs de la distribution « ôte-toi de là que je m’y mette », y compris les voleurs de supports à journaux, à tous ceux-là nous disons : continuez ainsi ! Il n’y a aucune raison de devenir civilisés, un panier de crabes est un panier de crabes. Un gentleman agreement au profit de la communauté que nous sommes censés servir est inconcevable, ne fait pas partie de notre vocabulaire, ni de nos mœurs.

Vus de l’extérieur et à petite dose, tout le monde est d’accord pour dire que « les Québécois sont incroyablement gentils ! » Je pourrais écrire un livre sur la gentillesse en général et celle du Québec en particulier…si j’avais du temps à perdre. L’herbe du voisin est toujours très verte, jusqu’au moment où on la foule et où notre semelle sent la m----, comme partout ailleurs.

En période des Fêtes, il est d’usage de baisser le ton, d’adoucir l’humeur, et même de pardonner. Il est d’usage aussi de remercier. C’est donc avec plaisir que je remercierai tous ceux et celles qui ont participé à notre première « Soirée des Mécènes » au Tavernak, en faisant un don, en offrant une œuvre, en travaillant fort pour que ce soit une réussite. La liste des mécènes, commanditaires, artistes et collaborateurs participants sera imprimée dans l’édition TRACES MAGAZINE de janvier. Il est encore temps de s’ajouter à la liste de ceux qui ont concrètement manifesté leur désir de voir notre beau magazine grandir.

Passez de joyeuses Fêtes !


mardi 15 novembre 2011

Culture H.D.

Culture H.D.

Annie Depont

Le grand malheur de la culture est qu’elle est mal définie; je rencontre encore des gens qui la résument aux seuls arts. Déjà le mot Arts englobe-t-il un vaste arc-en-ciel de moyens d’expression, alors pensez donc la culture…

Elle comprend bien sûr tous les arts, mais également tous les comportements sociaux : les traditions, la politique, la démographie, l’utilisation à travers les âges de l’Agora (page 14 – Les indignés).

La façon dont nous nous vêtons est une résultante de notre culture. Ailleurs, on porte un pagne, ici on parle de Lyse (Lyse Spénard, page 11). Ce que nous buvons (Orhon, page 23) mangeons, lisons et regardons (TV – cinéma, page 20) bref, tout ce que nous abordons dans ce magazine est une composante culturelle.

Depuis quatre mois, TRACES a ouvert portes-pages et fenêtres web à des sujets plus larges, afin de rejoindre un lectorat plus vaste. La présentation du magazine identifie le niveau que nous visons : celui de l’excellence. La réponse ne s’est pas fait attendre, voyez les résultats obtenus.

Statistiques

Depuis le début de la publication sur papier glacé en juillet dernier

Chiffres du 21 juillet 2011 au 07 novembre 2011 fournis par Google

1re position avec le mot Traces sur Google (tout le web 146 millions de résultats)

visites : + 62.33 %

3 886 visites

23 468 pages vues

2 637 visiteurs


Répartition :

  • 1 Canada (3 426 visites via 154 villes)
  • 2 France (244 visites via 111 villes dont Paris, Lyon et Nantes)
  • 3 États-Unis (55 visites dont New York)

Réseau Facebook
  • 12 % d'augmentation des utilisateurs actifs par mois
  • 94 % d'augmentation de l'affichage des publications
  • 21 % d'augmentation de rétroaction de publication (nombre de mentions « j’aime » et commentaires)


Ce n’est pas moi qui le dis…

« …la guimauve intellectuelle et politique où toute indignation et toute colère sont reçues comme un affront à l’autre. » Tristan Malavoy, rédacteur en chef de VOIR)

« …sur le terrain, l’authenticité crée sans cesse des déchirements. C’est qu’il faut défendre ses idées en sachant très bien ce que l’on perdra en les défendant. » Steve Proulx, chroniqueur VOIR)