mercredi 18 janvier 2012

Crénom d'un chien ! ...disait ma grand'mère

Il y a six ans, les Laurentides ont voulu se doter d’un journal culturel. De réflexions en réunions, de conseils en résolutions, voici que l’enfant paraît et que le cercle de famille applaudit.


Un détail fut cependant omis par toutes ces têtes pensantes :


- Lorsqu’une région veut se doter d’un outil de communication, ses décideurs doivent en prévoir les moyens. Il ne suffit pas d’une vision, il faut suffisamment de provisions.
Hélas, le temps des réflexions est oublié, on est passé à d’autres dossiers. Les tablettes regorgent d’archives prématurées. Ceux qui les classent ne sont pas payés aux résultats – heureusement.

Qu’advient-il alors du beau projet ?


- Afin que les années durement travaillées ne soient pas gaspillées, on tente de se frayer un passage, toujours plus étroit, entre le contenu qui devrait exister et la pub qui permet d’exister. On persiste et on signe des billets, bouteilles à la mer qu’un esprit moins noyé que les autres saura repêcher, déchiffrer et traiter convenablement.

Inch’Allah !, répondent en chœur les Accommodements raisonnables – pléonasme utopique – eux aussi fourrés dans quelque cagibi ministériel.
- Pas grave, cela fait toujours travailler du monde.
- Mais le projet, lui ?...
- Bah ! il y en aura d’autres.


Nombre de belles initiatives ont ainsi péri dans l’œuf et nous convient à leurs obsèques. C’est comme si on mettait le trop peu d’argent qu’on leur a octroyé à la poubelle. Votre argent, en passant…Au lieu de saupoudrer, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de ces idées géniales pour la région, géniales pour les artistes, pour tous. Nous, on veut bien travailler, mais crime quel groupe gestionnaire de sous collectifs va enfin sortir de sa torpeur fonctionnaire et considérer son mandat avec le respect dû à l’obligation de résultat ?


Ce n’est pas moi qui le dis….


« La Loi est faite pour que les médiocres surnagent dans leur médiocrité, mais la Loi est faite aussi pour qu’on s’en empare et qu’on la vire à l’envers. Je n’ai pas honte d’avoir essayé… » Victor-Lévy Beaulieu – Héritage – L’automne – La mort de Xavier

mardi 27 décembre 2011

6 ans, Tavernak !

Les oiseaux de mauvais augure ont eu tort de nous sous-estimer…Ceux qui se sont offusqués, éloignés, séparés, ceux qui nous ont trahis, bannis, démunis…Ceux qui se sont « inspirés » de nous et se sont enrichis à grands coups de délits d’initiés…Ceux enfin qui mènent la petite guerre des nerfs de la distribution « ôte-toi de là que je m’y mette », y compris les voleurs de supports à journaux, à tous ceux-là nous disons : continuez ainsi ! Il n’y a aucune raison de devenir civilisés, un panier de crabes est un panier de crabes. Un gentleman agreement au profit de la communauté que nous sommes censés servir est inconcevable, ne fait pas partie de notre vocabulaire, ni de nos mœurs.

Vus de l’extérieur et à petite dose, tout le monde est d’accord pour dire que « les Québécois sont incroyablement gentils ! » Je pourrais écrire un livre sur la gentillesse en général et celle du Québec en particulier…si j’avais du temps à perdre. L’herbe du voisin est toujours très verte, jusqu’au moment où on la foule et où notre semelle sent la m----, comme partout ailleurs.

En période des Fêtes, il est d’usage de baisser le ton, d’adoucir l’humeur, et même de pardonner. Il est d’usage aussi de remercier. C’est donc avec plaisir que je remercierai tous ceux et celles qui ont participé à notre première « Soirée des Mécènes » au Tavernak, en faisant un don, en offrant une œuvre, en travaillant fort pour que ce soit une réussite. La liste des mécènes, commanditaires, artistes et collaborateurs participants sera imprimée dans l’édition TRACES MAGAZINE de janvier. Il est encore temps de s’ajouter à la liste de ceux qui ont concrètement manifesté leur désir de voir notre beau magazine grandir.

Passez de joyeuses Fêtes !


mardi 15 novembre 2011

Culture H.D.

Culture H.D.

Annie Depont

Le grand malheur de la culture est qu’elle est mal définie; je rencontre encore des gens qui la résument aux seuls arts. Déjà le mot Arts englobe-t-il un vaste arc-en-ciel de moyens d’expression, alors pensez donc la culture…

Elle comprend bien sûr tous les arts, mais également tous les comportements sociaux : les traditions, la politique, la démographie, l’utilisation à travers les âges de l’Agora (page 14 – Les indignés).

La façon dont nous nous vêtons est une résultante de notre culture. Ailleurs, on porte un pagne, ici on parle de Lyse (Lyse Spénard, page 11). Ce que nous buvons (Orhon, page 23) mangeons, lisons et regardons (TV – cinéma, page 20) bref, tout ce que nous abordons dans ce magazine est une composante culturelle.

Depuis quatre mois, TRACES a ouvert portes-pages et fenêtres web à des sujets plus larges, afin de rejoindre un lectorat plus vaste. La présentation du magazine identifie le niveau que nous visons : celui de l’excellence. La réponse ne s’est pas fait attendre, voyez les résultats obtenus.

Statistiques

Depuis le début de la publication sur papier glacé en juillet dernier

Chiffres du 21 juillet 2011 au 07 novembre 2011 fournis par Google

1re position avec le mot Traces sur Google (tout le web 146 millions de résultats)

visites : + 62.33 %

3 886 visites

23 468 pages vues

2 637 visiteurs


Répartition :

  • 1 Canada (3 426 visites via 154 villes)
  • 2 France (244 visites via 111 villes dont Paris, Lyon et Nantes)
  • 3 États-Unis (55 visites dont New York)

Réseau Facebook
  • 12 % d'augmentation des utilisateurs actifs par mois
  • 94 % d'augmentation de l'affichage des publications
  • 21 % d'augmentation de rétroaction de publication (nombre de mentions « j’aime » et commentaires)


Ce n’est pas moi qui le dis…

« …la guimauve intellectuelle et politique où toute indignation et toute colère sont reçues comme un affront à l’autre. » Tristan Malavoy, rédacteur en chef de VOIR)

« …sur le terrain, l’authenticité crée sans cesse des déchirements. C’est qu’il faut défendre ses idées en sachant très bien ce que l’on perdra en les défendant. » Steve Proulx, chroniqueur VOIR)

vendredi 14 octobre 2011

Je me souviendrai…

Je me souviendrai…
De ce mois de septembre qui a vu périr ma belle chienne husky et son petit – vraisemblablement empoisonnés par un moraliste :
On ne fait pas se reproduire des animaux domestiques, il y en a trop, surtout à la SPCA. Assassinat par compassion….
Au pays des grands espaces, on « aime » les animaux mais on leur coupe :
Les oreilles et la queue pour qu’ils soient aux normes,
Les griffes pour qu’ils n’attaquent pas les yeux, ni le précieux mobilier,
Les organes génitaux pour calmer leurs ardeurs,
Sans compter tout ce qu’on leur injecte pour qu’ils ne nous fassent pas chier avec leurs maladies.
Nos ancêtres et les amérindiens doivent en rire. Mon père doit se retourner dans sa tombe, lui qui apprivoisait et sauvait tout ce qui était condamné.

Je me souviendrai…
De ces gens que j’ai côtoyés et aidés, qui –eux – ont obtenu du financement pour un projet culturel au Japon, alors que j’y fête cette année le dixième de mon Expo culture Japon Québec. Primés financièrement par leurs pairs – et collaborateurs – pour leur réalisation très inspirée de la mienne et qui en aucun cas, comme par hasard, ne pouvait se greffer à ce qui existe déjà. Travailler ensemble au développement culturel et au rayonnement international de notre région : Oublie ça ! Chacun pour soi et dieu pour tous, surtout ceux qui font partie du clan copinage des Laurentides.
Plus je connais les humains, leurs vices cachés, leur hypocrisie, leurs sourires, leur langue de bois dûment salariée au sein de comités, réunions, tables rondes, …plus j’aime mes chiens.

mardi 20 septembre 2011

La page blanche me gêne

Bon, voilà que la page blanche me gêne; c’est bien la première fois. J’ai l’impression de me répéter quand je pense à nos systèmes décideurs.

On reprend les mêmes et on recommence

À quoi servent les journalistes ? Ceux qui ont fait enquête sur des malhonnêtes-malfaisants, ceux qui ont obtenu la une de leur éditeur tant les preuves étaient tangibles. À quoi sert tout ce tapage si on retrouve à notre porte, quelques jours plus tard, les mêmes malhonnêtes-malfaisants, dûment mandatés par nos municipalités ? Les maires lisent-ils ? Sont-ils à l’écoute de leurs citoyens pendant leur mandat, ou seulement avant ?

Du toupet tout autour de la tête

À quoi servent les éditeurs de journaux ? Ceux qui ont fait le choix de partenariat avec le milieu qu’ils couvrent, ceux qui se sont fait jeter pour ne pas avoir caressé la bête dans le sens du poil. À quoi sert tout ce courage si on retrouve à notre porte, quelques mois plus tard, les mêmes répudiants, dûment mandatés par leur direction ? Nullement gênés de quêter une couverture sans frais, ils trouvent tout à fait normal de solliciter ceux-là mêmes qu’ils avaient reniés.

Du rouge tout autour du front

Avoir été ministre, m’être fait déboulonner pour flagrant conflit d’intérêt, il me semble que je n’oserais plus me présenter à un poste de fonction publique et me pavaner en compagnie de ceux encore en poste en les appelant « mes chers collègues ». Et pourtant … Non seulement la présentation, mais ce qui est pire : l’élection ! Les électeurs lisent-ils ? À quoi sert la sainte démocratie ?

Langue de bois

J’ai récemment été témoin d’une complexe explication d’un ancien partenaire d’affaire à qui un novice demandait « pourquoi n’êtes-vous plus avec nous ? » - Cet art de dire en beaucoup trop de mots tout ce que l’on veut cacher n’est pas réservé aux politiciens, cela peut même se décliner très jeune, il suffit d’être apte au mensonge et à la fourberie. J’ai admiré l’impro, la diatribe, le souffle…

mercredi 24 août 2011

Libre expression

Papiers sans acide, pays sans espoir, rêves irréalisés : nous vivons dans la mollesse et la tiédeur. C’est moite, c’est insupportable - mais c’est la règle si l’on veut accéder aux subsides du système. S’éloigner de ces règlementeries nécessite un certain cran, une vision solide et un désintéressement absolu.

Contrairement aux codicilles éditoriaux les plus répandus, TRACES assume les choix des papiers publiés. Lorsque des Jobin, Llavador, Barcelo et autres Matte présentent des opinions récalcitrantes, c’est le bonheur au pupitre. La qualité des lecteurs ne trompe pas, qui manifestent leur joie de voir enfin les choses exprimées. On peut ne pas acquiescer sur tout ni toujours, mais il est important de proposer des idées divergentes, elles font la richesse d’une pensée non moutonnière, dans une société dite de libre expression. C’est ça aussi, la culture.

À force d’être trop gentil, trop correct, trop silencieux un peuple génère des rancunes souterraines, des actes illicites, des comportements hypocrites. Dans ce fatras de faux-semblants, on est en droit de se demander quelle est la part de cause ou de conséquence historique, étant prouvé que toutes les victimes ne sont pas forcément innocentes.

samedi 30 juillet 2011

Bon coup de nageoire !

Nous voici à un moment charnière de notre magazine : Nous avons les plumes (dont certaines font l’envie de nos voisins-médias), nous avons les équipes (papier et web), nous avons le lectorat (plus éduqué que d’autres), il ne nous manque plus que l’emballage-cadeau. Le voici.
Dès juillet 2011, Traces Magazine sera édité sur papier glacé. En conséquence, le contenant et le contenu seront harmonisés, la durée de lecture de chaque édition sera multipliée par 10, le nombre de lecteurs, plus que doublé.


Le manque flagrant d’intérêt et de moyens de nos institutions politico-culturelles qui s’obstinent à saupoudrer les maigres fonds régionaux sans vision de pérennité et d’en utiliser la majeure partie pour leur fonctionnement, la détestable habitude de multiplier les projets similaires au détriment d’une offre riche et variée, le manque d’arbitrage et de réelle consultation, font que plus d’un artiste et plusieurs entreprises culturelles décident de tourner le dos à cette mascarade de démocratie.


Je me demande si j’ai encore envie de jouer avec les mots, l’humour et l’ironie, tant la réaction se situe au premier degré. Autant séduire un mur. Certes, un agréable petit fan-club de ces caricatures verbales m’encourage à persévérer, mais le « j’aime tant tes éditos !» ne suffira jamais à faire taire les détracteurs de l’élitisme, ceux qui vous offrent des leçons de français truffées de fautes, les revanchards du « nous, on se souvient – pas toi ! », les paranos-illettrés qui se sentent visés en déchiffrant le mot « xénophobe » dans une phrase sans rapport avec eux.


Le « Allez !, bon coup de nageoire… » d’Éric-Olivier Dallard (1) affiché sur mon bureau, me rappelle le caractère olympique de la nage à contre-courant et l’état de grâce qu’il faut entretenir pour réaliser ses rêves.

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(1) Avant ses 30 ans, Eric-Olivier Dallard a été rédacteur en chef de trois journaux, professeur d'université, journaliste, photographe, chroniqueur-radio, avocat, procureur de la Couronne au Ministère de la Justice du Québec, et conseiller juridique.